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Le pacte d'Emma de Nine Gorman



Auteure: Nine Gorman
Édition: Albin Michel

L'histoire:
Je pensais qu'en me lançant dans ce pacte je risquais seulement ma vie, mais c'est ma raison qui est train de s'envoler.
Je l'ai embrassé, mais ce n'est pas ce qui est le plus déraisonnable.
Ce qui l'est, c'est que j'ai aimé ça.

Ma note: 9/10



   
Je pensais avoir tout lu en matière de roman sur les vampires. Je pensais avoir connu l'overdose, noyé sous les clichés et les ressorts scénaristiques redondants.
Comme j'avais tort...
Cela pour plusieurs raisons.
La première et certainement pas des moindres. La plume exceptionnelle de Nine Gorman. L'émotion qu'elle parvient à transmettre m'a bien déstabilisé, alors même que je ne m'attendais à rien, alors même que je croyais m'embarquer dans un roman somme toute, structuré sur des codes déjà vus et usés. Je l'avoue, j'avais peur. Mais j'ai été très vite rassuré.

D'abord avec Emma. Son histoire, son caractère, ses faiblesses, qui, loin d'en faire une pleureuse ou une victime, donne de la force à son personnage. Ici, le danger qui guette n'est pas le monstre sanguinaire dissimulé dans l'ombre, mais bien le mal dont souffre Emma. Un mal invisible qui la ronge chaque jour un peu plus, par la maladie neurodégénérative qui habite son corps et menace d'emporter sa mémoire à tout jamais.
Emma est résignée à perdre ce qu'elle est, jusqu'à sa rencontre avec Andrew Anderson.

C'est à ce moment que je craignais l'arrivée du mythe vampirique flanqué de son cortège de stéréotypes archaïques. Que nenni. Il se trouve flambant neuf et dépoussiéré. Nine Gorman nous offre une vision personnelle et originale du vampire. En effet, elle n'a pas son pareil pour réveiller les morts, détourner tout ce que nous pensions connaître et/ou détester pour mieux l'améliorer, se l'approprier et nous offrir une œuvre unique, entière et achevée.
Les personnages secondaires détiennent également une place de choix dans ce récit captivant. Note spéciale pour Nathan ;)

J'ai été cent fois surpris, ébloui et ému par cette histoire qui vaut tant la peine d'être découverte.
Si vous en avez soupé des vampires, c'est dit LISEZ CE LIVRE !






« Je raccroche, baisse le téléphone, relève doucement mon regard vers Andrew.
Heureusement que tu devait seulement lui dire que tu étais chez toi.
Vous savez, les gens normaux ne disent pas juste ce qu'ils ont prévu de dire, sans tenir compte du contexte de la conversation.
Je le fais bien, moi.
C'est bien ce que je dis : les gens normaux. »

« Becky, apparemment, tu te sens si bien en moi que tu installes petit à petit tes quartiers plus confortablement.

J'aimerais que la réciproque soit vraie, mais ce n'est pas le cas.
Je n'ai jamais mis de paillasson avec écrit "Bienvenue".
Tu es entrée, un jour, sans même frapper.
Mon souhait le plus cher : que tu t'en ailles.
C'est fou d'y songer, mais je crois qu'il existe une solution contre toi, contre la mort ».
 

« La maladie ne se contente pas de détruire la personne par petit bouts : elle grignote aussi le bonheur des proches, le remplaçant par un sentiment d'impuissance et d'abattement ».


« Un jour, lâche-t-il, tu aimeras à nouveau, et j'espère qu'elle te brisera le coeur, pour qu'enfin tu comprennes le mal que tu répands depuis que tu as érigé ce mur entre toi et tes émotions. »



Intérêts: L'histoire. Le personnage d'Emma. Le mythe du vampire revu et corrigé. Becky.
Regret: Le vice de Nine Gorman pour les cliffhangers ou c'est justement tout l’intérêt du roman ?... ;)

Chroniques Homérides Tome 1 : Le Souffle de Midas de Alison Germain



Auteure: Alison Germain
Édition: Le chat noir
L'histoire: Le jour où une inconnue rend son dernier souffle dans mes bras, je sais que ma vie paisible d’étudiante ne sera plus jamais la même. Au lendemain du drame dont j’ai été le seul témoin, aucune trace du crime n’a été retrouvée, tant et si bien que tout le monde me pense folle, moi la première. Seul un homme me croit, Angus Fitzgerald, détective à la recherche d’une personne qui ressemble trait pour trait à la femme morte sous mes yeux. Alors que ce mystère reste sans réponse, les objets que je touche se transforment en or. Et quand le bel Angus me narre le mythe antique de Midas, ce roi grec qui changeait tout en or, je comprends qu’il en sait bien plus sur ce qui m’arrive. Et aussi sur les dangers qui me menacent. Pour moi, le plus imminent est juste là, dans mes mains. Parce que si pour le détective, je suis bénie des Dieux, je ne vois en ce pouvoir qu’une malédiction…  
Ma note: 9/10


   
J'avais tellement hâte de découvrir ce roman. Moi qui écumais les livres de mythologies grecques par dizaines de kilos étant enfant, ce fut un véritable plaisir de me plonger dans une adaptation des mythes signée Lili.
Le récit est mis en place par petites touches, avec un prologue très intrigant et des premiers chapitres qui épaississent un mystère que l'on tente de percer à jour durant une bonne partie de la narration. Nous glanons concrètement un début d'informations sur tout ce qui constitue l'univers du roman à la fin de celui-ci. De ce fait, je pense que nous sommes partis pour une saga épique qui saura nous ravir dans les prochains tomes.
Ce premier opus nous expose en premier lieu les personnages, sans trop forcer sur l'action. Nous découvrons les proches de l’héroïne, ses liens familiaux, son quotidien, jusqu'à l'élément déclencheur du récit...

Louise, notre protagoniste principale hérite d'un don. Celui de changer ce qu'elle touche en or. Autant dire que ce n'est pas ce qu'il y a de plus pratique pour entretenir une vie sociale. Passé la surprise, que dis-je, le choc, il faut trouver des réponses, tenter de comprendre et surtout, débusquer le moyen de faire revenir tout cela à la normale.
Oui, mais voilà, vous vous en doutez, rien n'est jamais simple quand on se voit léguer le souffle de Midas. La jeune femme devra composer avec un destin qu'elle n'a pas réclamé, son quotidien se trouvant bouleversé par sa nouvelle condition d'homéride.

J'ai apprécié le fait que nous suivions toutes ces péripéties du point de Louise, sans que tout nous soit servi sur un plateau. Je n'ignore pas que certaines personnes ont conçu une certaine frustration de ne pas en apprendre plus quant aux homérides et aux gardiens, mais cela donne une dimension réaliste non négligeable à l'histoire. Après tout, il est même question d'une jeune fille lambda qui se retrouve plongée dans un monde pratiquement onirique pour elle. Ses réactions sont logiques, peur, instinct de conservation, colère, tout y passe. D'une certaine manière, nous avons là un roman initiatique, loin des genres fantasy auxquels nous sommes habitués. Louise prend son envol, mais sans rebondissement capillotracté.

Pour ceux qui ne seraient pas familiers de la mythologie grecque, pas de panique, l'auteure a pensé à tout, semant des notes durant la lecture. Le champ lexical est riche et les références à la culture populaire m'ont plus d'une fois donné le sourire.
Je n'oublie pas un des éléments que j'ai le plus apprécié, Angus. Il n'a pas seulement été le facteur de beaucoup de réponses au sujet des homérides, le guide durant le récit, mais également le sujet de beaucoup d'autres questions.
Quand à l'antagoniste, nous en apprenons peu sur lui, mais son imagination sadique me plait assez pour que j'espère le revoir très bientôt dans le prochain tome.
En conclusion, ce premier roman est une réussite de mon point de vue et je gage que nous n'aurons pas un instant de répit concernant la suite.



«
— Vous êtes plus vieux que vous en avez l’air, ai-je raison ?
— Votre perspicacité m’impressionne, Louise, avoua-t-il avec honnêteté, même si je déteste l’idée que vous me trouviez vieux. C’est exact, je suis né le 24 mai 1891.
— Mille-huit-cent quatre-vingt-onze ?! La vache !
Ma réaction le fit rire. Découvrir qu’il avait plus de cent ans me scia les pattes, je ne fus cependant pas surprise d’apprendre qu’il était gémeau. Cela expliquait ses changements brusques de tempérament. Si on croyait à ces choses-là bien sûr. »


« Certains jours, j'avais carrément l'impression d'évoluer en pleine série télé des nineties. Charmed ou Buffy contre les vampires par exemple. Pour un peu, je m'attendais à voir Phoebe Halliwell venir se procurer quelques cristaux protecteurs dans mon échoppe, ou bien Alex et Willow se préparer en vue d'une attaque de démons dans le cimetière le plus proche. »

«
Non, mais tu peux pas faire attention! hurla Marshall, en plus d'être complètement timbrée, t'as de la merde dans les doigts! C'est pas possible d'être aussi... Non, mais t'as vu la tache que t'as faite?
[...]
J'ai pas fait exprès idiot, c'est pas en criant aussi fort que t'es con que ça va changer quelque chose! »

«
[...] Qui aurait cru qu'une crevette comme vous en avait autant dans le ventre?
Je haussai un sourcil.
Vous essayer de me faire rire?
il sourit.
Est-ce que ça marche?  »

«
Je transforme tout ce que je touche, Nimue ! D'abord le livre, les papiers qui traînaient dans mon sac, mes clefs et mes Doc Martens !
Mon amie hocha la tête en pinçant les lèvres.
Au moins elles sont collector maintenant, je suis sûre que tu peux en tirer un bon prix sur eBay... »



Intérêts: L'évolution de l'héroïne principale. Son duo avec Angus L'univers mythologique adroitement mêlé à notre monde. L'humour.
Regret: Pas assez de temps avec le méchant. Le roman met un certain temps à démarrer.

Bleu&Rouge, Tome 2: Johann de K.Héva



Auteure: K.Héva
Édition: TheBookEdition
L'histoire: Les épreuves et l’éloignement n’y ont rien fait. Johann et Thomas sont de nouveaux ensembles et réapprennent à se connaître. Johann a décidé de consacrer sa vie à rendre le monde plus juste et moins cruel.
Quant à Thomas, c’est la réincarnation de Tlaloc et il a fort à faire pour concilier sa vie sentimentale et sa nature démoniaque. D’autres immortels ont traversé les millénaires et Tlaloc ne s’est pas fait que des alliés parmi eux.
Ma note: 9/10


   Après avoir replongé dans l'univers de Bleu&Rouge en relisant le tome 1 dans sa dernière version, j'ai pu dignement enchainer sur ce second opus. Pour tout avouer, j'ai dû dévorer les deux tomes en trois jours tellement cette saga est un véritable page turner.
J'ai donc retrouvé Johann et Thomas avec plaisir et j'avais particulièrement hâte de connaitre leur évolution dans ce roman. Surtout celle de Johann. Le roman porte son nom après tout et on se concentre davantage sur lui.
   Nous entrons dans la partie la plus sombre de l'histoire, la dimension surnaturelle est présente à tous les niveaux et ce qui nous raccroche encore à l'humanité dans sa prime essence, c'est bien ce cher Johann. Johann et ses ambitions, ses désirs et ses rêves d'humain. J'ai souvent eu envie de le secouer dans le premier tome. Quand il piquait ses crises comme un enfant gâté. Je n'ai donc pas boudé mon plaisir de le voir enfin gouter à la maturité, même si cela se fait au prix de certains déboires.
   Ne dis-t-on pas que l'on apprend dans la douleur ?
   Et ce que suggère ce roman, c'est que les obstacles et la fatalité ne comptent pas en rester là avec nos deux héros. Les personnages évoluent et s’entrechoquent. Si nous allons plus loin dans l'aspect fantastique du récit, l'enfer est plus proche à chaque page, la réalité plus dure, ce qui ne dénature pas pour autant la pureté des émotions qui sont retranscrites par l'auteure.
   Si elle met autant de talent à nous les transmettre, on notera aussi son amour indéniable pour les sciences et sa manière de composer son univers littéraire en conjuguant les deux.
J'ai beaucoup apprécié le principe de ces personnages mystiques expliqués de façon scientifique. L'ether, la matière noire, les atomes et les électrons. Le spirituel devient science et donne pour une fois un aspect original à cette thématique.
   Pour en revenir à Johann, le tome porte bien son nom, car c'est de l'évolution de Johann dont il est davantage question. J'ai adoré le voir changer, réaliser, trébucher et se relever.  Thomas reste très présent, le brouillard se dissipe sur son passé, son autre vie et c'est au travers d'une pléthore de nouveaux personnages que nous découvrons qui est Tlaloc.
   Le doute n'est plus permis, cette saga vaut largement le détour. À quand le clou du spectacle avec Némésis ?



«
Il reste placide et me fixe à nouveau avec mes yeux. Il me dévisage un moment puis il se décide à répliquer.
— J'aime Johann. J'imagine que c'est un concept qui t'échappe. Alors qu'est ce que ça pouvait te faire qu'on soit ensemble ? Si tu ne t'étais pas acharnée sur nous de cette manière, il serait effectivement sur ce plateau en train de brasser des millions pour ta plus grande fierté.
— Tu m'en as fait une fiotte ! Tu l'as contaminé avec ton sentimentalisme dégoulinant de fleurs bleues !
Il se lève et me surplombe, le temps d'une seconde j'ai cru qu'il allait faire voler mon bureau à travers la pièce. Sa voix tonne entre mes cloisons.
— Qu'est ce que ça pouvait te faire ? Ça ne te regardait en rien !
Je me retiens de croiser les bras sur ma poitrine pour ne pas lui montrer que je me suis sentie agressée et demeure les mains bien vissées sur les accoudoirs de mon fauteuil.
— Je croirais entendre ton père. L'amour est plus fort que tout, hein ? La jeunesse vous rend trop fougueux, mais un matin il se réveillera à tes côtés et il te haïra d'avoir eu la faiblesse de te laisser détruire sa vie. Si tu l'aimais tant que ça, tu l'aurais laissé tranquille, mais tu es égoïste et destructeur. Tu ne le rendras jamais heureux, profites en tant qu'il est assez naïf pour avaler tes conneries mièvres. Un jour, il te haïra.
Mes ongles s'enfoncent dans le cuir du fauteuil.
— Mais ça n'aura plus aucune importance puisque tu auras fichu sa vie en l'air.

»

«

— C'est une belle âme que tu as là. Qu'est ce que tu fabriques avec lui ?
— Qu'est ce que ça peut te foutre ?
Le voici qui dispense sa compassion à mon bien aimé. Il lui caresse le visage comme si c'était un agneau. Il se prend pour le messie. il faut que je détourne son attention de Johann.
— Qu'est ce que tu me veux ?
— Tu me poses sérieusement cette question ?
— Je ne reviendrais pas si c'est à ça que tu penses.
Il lève un sourire tout en affichant son sourire d'abruti supérieur.
— Je me doutais que tu dirais ça, mais je ne vais pas te permettre de te la couler douce à mes dépends. Nettoyer la merde de l'humanité, c'est ton job, pas le mien.
Ça doit bien lui taper sur les nerfs, Monsieur Perfection abandonne son langage châtié.
— Et bien au moins tu peux te rendre compte au plus juste de ce que valent tes petits protégés.
Il resserre ses mains autour du buste de Johann, j'aurai mieux fait de me taire.
— Je suis le premier des séraphins, je n'ai pas à m'abaisser à ce genre de besogne. C'est toi qui a fait vœu de nourrir l'enfer, pas moi.
»

«
Oh putain... il se recroqueville et se met à sangloter !  Tlaloc chiale putain de bordel de merde, c'est l'apocalypse ou quoi ? Il fait sa crise des dix mille ans c'est ça ?
 »


Intérêts: L'évolution des personnages. L'univers fantastique approfondi. La plume de l'auteure.
Regret: Certaines attentes de Thomas par rapport à Johann. Je n'ai pas le tome 3 en mains, c'est un scandale !

Pamphlet contre un vampire de Sophie Jomain


Auteur: Sophie Jomain
Éditions: Rebelle, France loisirs
L'histoire: S’il y a bien un truc qui m’agace, ce sont les romans à l’eau de rose sauce vampire. Mais qu’ont-elles, à la fin, ces amoureuses de Dracula d’opérette ? Ça ne tourne vraiment pas rond chez elles et ça commence à bien faire ; il est grand temps de rétablir la vérité : les vampires n’existent pas. Comment ça, « et s’ils existent ? » ? Eh bien, s’ils existent, je vais m’occuper de leur refaire le portrait, ça changera ! Je vais jeter sur mon blog un pamphlet ; un pamphlet contre les vampires. Et si, par le plus grand des hasards, un certain Hugo Rivoire – un garçon aussi mignon qu’effrayant – décide de me faire fermer mon clapet, il trouvera à qui parler ! Parfaitement ! Sauf que mon petit doigt me dit que je risque de le regretter…

Ma note: 8,5/10




C'est un ticket gagnant encore une fois. Mais c'est Sophie Jomain, pas de surprise, elle me ravit à chaque fois même avec les éléments les plus simples, pourtant maintes fois distillés dans la machine livresque. C'est que nous en avons bouffé des romans sur les vampires depuis le grand boom twilight avec ses vampires qui brillent hors du dancefloor; En long en large, en travers et de toutes les couleurs. Rares sont ceux qui sont parvenus à sortir du lot - encore que Twilight ne soit pas une réussite selon mon très subjectif avis - car parmi la foule, il est difficile de faire la différence. C'est pourtant ce qu'est parvenu à faire Sophie, une fois de plus. C'est la première chronique que j'écris sur l'une de ses œuvres et pourtant, j'en suis tombé amoureux depuis les étoiles de Noss Head (encore merci Lili pour la découverte, ma vie à prit un nouveau sens depuis!!). La plume est unique et merveilleuse, Sophie Jomain a un style bien à elle qui sait vous fait frisonner de plaisir dés les premiers caractères, à peine avez vous démarré votre roman. Je ne jette pas de fleurs gratuitement, je suis même plutôt difficile à contenter en tant que lecteur. Je suis capricieux et borné et je lève facilement les yeux au ciel face à une guimauve, un passage niais ou trop téléphoné.

L'histoire de Satine démarre fort. En béquille, la demoiselle en ras le bol des vampires et tient à le faire savoir. Voilà qu'elle rédige un pamphlet anti-vampire bien pimenté qu'elle diffuse sur la toile à travers son blog. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde... J'avoue qu'au début, je me demandais franchement comment l'auteur allait parvenir à nous embarquer dans cette histoire. Déjà au moment des représailles, je me suis demandé comment ça allait tenir debout ce machin, mais voilà, no panic, Mrs Jomain gère et elle assure. Ce qu'il y a de bien quand on reprend un mythe existant c'est qu'on peut le faire à sa sauce, revoir la mythologie, les clichés et tout démonter. C'est cette vision que j'ai apprécié dans ce roman, pas de cercueil ou de manque de reflet dans un miroir. Du suspens et beaucoup, beaucoup d'humour avec ce qu'il faut de retournement de situation.

Et comme je suis sympa et que je veut pas faire spoilers je conclurais seulement:
Un très bon moment que je recommande à tous!


« 
Mais voyez-vous, hier matin, quatre des garçons du fameux top ten de mon lycée sont gentiment venus me rendre visite dans les toilettes des filles. Non, non, ne vous méprenez-pas, rien à voir avec mon irrésistible sex-appeal, ils voulaient que je retire immédiatement ma satire. Pourquoi ? Eh bien je dois bien avouer que je n'en sais rien, ils ne me l'ont pas dit. Ils ont juste exigé que je le fasse.  »

«
C'est vrai que les vampires ne dorment pas ?
Il ouvrit des yeux, surpris.
Comme dans l'un de ces romans d'amour ?
J'opinai.
Ça dépend...
De quoi ?
J'aurais dû prévoir la réponse, à cause du sourire en coin.
De si la nuit vaut le coup de rester éveillé...
Mais tu ne penses qu'à ça ! m'indignai-je en lui donnant un soufflet dans l'épaule. Le sexe, le sexe et le sexe !
Il attrapa aussitôt ma main et en embrassa la paume, je la retirai aussi sec. (C'est un de mes points sensibles.) Ce garçon-là me faisait me consumer. Il fallait que je prenne garde.
C'est-à-dire que... Mets-toi à ma place. Penserais-tu à autre chose qu'à te goinfrer si tu étais dans la même pièce qu'un étalage de chocolats délicats ?
J'étais un chocolat, moi ? Gloups... »
 

Intérêts: Tout, tout, tout.
Regrets:  Quelques éléments un poil prévisibles.

8 & 9 Top ten Wednesday (oui, je triches et alors?)

Le Top Ten Tuesday Wednesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini.
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français le blog de Iani.
Celui de la semaine dernière et celui de cette semaine avec beaucoup de retard, mais voila avec moi, vous avez l'habitude ^^

Les 10 livres à lire ce printemps (ma FUTURE PAL pour ce printemps)

 

 





The mortal Instruments, tome 5: Les âmes perdues  
de Cassandra Clare ( Sortie le 22 Mai 2014)






Felicity Atcock - tome 1: Les Anges mordent aussi
de Sophie Jomain














Un bûcher sous la neige
de Susan Fletcher

















La cité des ténèbres Les origines tome 1: L'ange mécanique 
de Cassandra Clare 
  






Zéro Déchet 
de Béa Johnson















La pétulente ascension d'un homme ordinaire
de Fabrice Lehman








 






C'est la culture qu'on asssassine 
de Pierre Jourde (sortie le 28 mais 2014)







Angelfall - Tome 1: Penryn et la fin du monde
de Susan Lee
















L'étrange cas de Juliette M.
de Megan Shepherd
















Genesis Alpha
de Rune Micheals










Les 10 livres de votre PAL que vous n'avez finalement plus envie de lire
 
I/ Le chardon et le tartan tome 3 de Diana Gabaldon
J'ai décrocher en milieu de lecture, déjà que le second tome partait dans tout les sens et que j'ai du me forcer pour le finir, je ne sais pas si je finirais pas remettre le nez dans ce bouquin-ci.

II/ La guerre du feu de J.H. Rosny Aîné  
L'écriture est lourde et fait plus office de documentaire sans images qu'autre chose, déjà que l'adaptation n'avait pas éveillé un grand intéret chez moi. Entre les scènes de sodomies en chaine et les grognements de tous bords.
III/ Le livre de Mormon de John Smith
J'ai besoin d'un argument? Je l'ai trouvé à 0.20€ dans une librairie, ça en dit long sur le scénario de fou que je vais louper.
IV/ La cinquième Montagne de Paulo Cuelho
J'ai eu une mauvaise expérience avec l'alchimiste qui s'est révélé d'un ennui mortel. Généralement quand le style d'un auteur me fait l'effet d'un somnifère, je renouvelle rarement l'expérience.
V/ L'Histoire d'Helen Keller de Lorena.A Hickok
Déjà lu, l'idée était plus une relecture, mais finalement ce n'est pas si préssé que cela.

VI/ Qui c'est ce garçon? de Nicole de Buron
Pour le coup, il va se retrouver tout en bas de ma PAL, le livre de secours quand je ne saurais pas quoi lire en somme.
VII/ Naissance de l'idéologie Fasciste de Zeev Sternhell, Mario Sznajder et Maia Ashéri
J'aime lire des pavés, mais celui la me fait plutôt frémir d'appréhension.
VIII/ L'herbe bleue  de Anonyme
Je n'ai pas eu de bons échos, d'aucun côtés. Et les livres sur la drogue édulcorés et fatalistes me saoulent en général.

IX/ Pensées de Blaise Pascal
Dans ma PAL pour la forme, mais je n'aime pas Pascal de base!
X/ Madame Doubtfire de Anne Fine
J'ai vu le film et j'ai eu envie de lire le livre, mais finalement je traine des pieds.

Attirance tome 2: L'écume des mensonges de Anne Greenwood Brown



 
 
Auteur: Anne Greenwood Brown
Édition: Milan Eds
L'histoire:La famille de Lily a choisi d’éloigner la jeune fille du lac pour la protéger. Depuis un mois, elle attend que Calder revienne vers elle, qu’il l’appelle, qu’il vienne la voir, qu’il lui donne un signe de vie. Mais rien. Lily oscille entre inquiétude et colère. Les informations locales diffusent alors un étrange reportage, les restes d’un énorme poisson ont été retrouvés près du lac, un poisson d’un genre inconnu… De son côté, le père de Lily refuse de s’éloigner du lac, de plus en plus perturbé par l’appel de l’eau.
Ce second tome raconte l’histoire du point de vue de Lily.

Ma note: 6,5/10



Comment dire à quel point j'ai été déçu par cette suite ?... Déjà, je crois que la première erreur était de raconter l'histoire du point de vue de Lily. Pas que son opinion soit inintéressante, mais sa perception change toute la donne. Nous n'avons plus cette atmosphère particulière distillée par Calder. Il n'y a plus cette singularité et ce magnétisme ambiant, envolé. Alors certes on retrouve Calder, mais il n'est plus délivré de la même manière. Et surtout, on découvre le pot au roses ! Lily n'est pas si extraordinaire que ça. Franchement de la vision qu'en avait Calder, je ne l'imaginais pas ainsi. Je l'ai trouvé naïve et capricieuse, comme si elle ne prenait pas conscience de l'urgence de la situation et des sacrifices indispensables. Bref, elle m'a agacé, sans parler de tous ses potes de lycées ultra stéréotypés.
Surtout que l'action ne se déroule pas du point de vue de Lily, elle est laissée sur la touche à mon goût, pendant que Calder vadrouille et vit les choses intéressantes. D'ailleurs parlons en, il m'a manqué ce bougre ! Même s'il est présent, il manque pourtant cruellement au récit. Ça me manque de ne plus être dans sa tête. Le climat du premier opus me manque ! En gros, je trouve que l'histoire conté du point de vue de Lily dérègle un peu la crédibilité de l'histoire. Le changement radical de comportement de Jason Hancock est assez perturbant et on l'assimilerai plus j'en suis certain, si on le vivait de l'intérieur. La, j'ai trouvé ça assez capillotracté jusqu'à ce qu'on ait l'explication et encore...

Sinon le rythme du récit n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais, même s'il se claque un peu sur celui du premier tome (j'entends intrigue, péripéties, actions, etc..). J'ai aimé retrouvé Maris, Pavati, Jack Petit, même si ce dernier m'a tapé sur le système tout le long avec ses obsessions frôlant la psychose sévère. Et surtout Sophie, le jeune sœur Hancock qui n'a cesser de me surprendre avec plaisir. Outre le désagrément Lily, nous en découvrons un peu plus sur l'univers et la mythologie des sirènes. Une série de meurtres repêchés dans le lac sème la panique et le doute dans la ville et c'est ce qui justifie que l'histoire soit racontée du point de vue de Lily. Ce qui ne l’empêche pas de nous faire part de ses problèmes existentiels fichtrement nombrilistes. L'originalité du premier tome à été balayé par le schéma habituel de la jeune fille amoureuse de la créature surnaturelle. Fort heureusement, nous ne tombons pas pour autant dans la guimauve propre à ce genre en général. La romance est clairement mise de côté au profit de l'intrigue principale

Cependant, malgré toutes mes jérémiades anti-Lily, j'aime à penser que l'auteur nous réserve de belles surprises et qui sait, une évolution surprenante concernant son personnage féminin principal. Surtout avec une fin pareille, il ne saurait en être autrement !! J'attends le tome 3 avec impatience en espérant faire un nouveau tour dans les pensées de Calder. Ayant vu le premier chapitre du troisième tome ( en vo ), j'ai constaté qu'il y avait encore du Lily au menu. Mais j'ai foi en Anne Greenwood Bown, j'y crois, j'y crois !!!



«
Comment as-tu survécu pendant toutes ces années à vivre dehors ?
Qu’est-ce que t’as apporté ? Un duvet ?
Il se glissa hors du hamac et je le lui tendis. Il l’étala et, peinant un peu à trouver l’ouverture, se faufila à l’intérieur.
Il y a de la place.
J’en ai attaché deux ensemble.
Ses yeux verts brillèrent dans l’obscurité.
Ça veut dire qu’on n’est plus fâchés ?
Sophie dit que je dois être gentille avec toi. Et puis, j’aime le poisson frais, pas congelé. »

«
Alors, on va au ciné jeudi ? demanda-t-il.
Je pense qu’un peu de normalité me ferait du bien.
Exactement ce que je pensais. Il reste un seul problème : ce sont des soirées thématiques, et chaque jeudi représente une décennie différente. Ils ont déjà fait La Fureur de vivre et Beach Ball.
Donc on a droit aux années soixante-dix ?
Je fis la liste des films possibles dans ma tête.
La Fièvre du samedi soir ?
Si seulement. Les Dents de la mer.
Je remuai, mal à l’aise, alors qu’une basse et un violoncelle jouaient le célèbre mi-fa dans ma tête : da-dum, da-dum, dadum.
Calder déchiffra facilement mon appréhension.
Peut-être qu’on devrait remettre ça à plus tard. C’est Ghostbuster la semaine prochaine.
J’enroulai mes doigts dans les siens.
Non. Ce sera parfait. Les créatures marines mortelles, c’est ce que je préfère.
Oh, bien sûr. Je le savais. »
 

Intérêts: Toujours Calder, l'intrigue principale, le développement du personnage de Sophie.
Regret: Que l'histoire soit contée du point de vue de Lili.

The mortal Instruments tome 3: La cité de Verre de Cassandra Clare

 
Auteur: Cassandra Clare
Édition: Pocket Jeunesse
L'histoire: À la veille d'un affrontement ultime avec Valentin, Clary et Jace, découvre que l'amour est un péché mortel et que le passé renferme souvent de noirs secrets…
La lutte entre le bien et le mal se poursuit. Valentin rassemble son armée pour éradiquer la lignée des Chasseurs d'Ombres. Clary se rend dans la Citée de Verre afin de sauver sa mère et découvrir son passé. S'introduire dans la Cité sans l'autorisation de l'Enclave n'est pas sans danger...
Au cours de sa quête, Clary rencontre Sébastien, un garçon énigmatique. Avec lui, elle comprend que le seul moyen d'arrêter la fureur de Valentin est de former une alliance entre Chasseurs d'Ombres et Créatures Obscures. Comment conclure une telle union ? Clary saura-t-elle maîtriser ses nouveaux pouvoirs à temps pour cet ultime affrontement ?
Ma note: 10/10




Comment dire à quel point j'ai été déçu par cette suite ?... Déjà, je crois que la première erreur était de raconter l'histoire du point de vue de Lily. Pas que son opinion soit inintéressante, mais sa perception change toute la donne. Nous n'avons plus cette atmosphère particulière distillée par Calder. Il n'y a plus cette singularité et ce magnétisme ambiant, envolé. Alors certes on retrouve Calder, mais il n'est plus délivré de la même manière. Et surtout, on découvre le pot au roses ! Lily n'est pas si extraordinaire que ça. Franchement de la vision qu'en avait Calder, je ne l'imaginais pas ainsi. Je l'ai trouvé naïve et capricieuse, comme si elle ne prenait pas conscience de l'urgence de la situation et des sacrifices indispensables. Bref, elle m'a agacé, sans parler de tous ses potes de lycées ultra stéréotypés.
Surtout que l'action ne se déroule pas du point de vue de Lily, elle est laissée sur la touche à mon goût, pendant que Calder vadrouille et vit les choses intéressantes. D'ailleurs parlons en, il m'a manqué ce bougre ! Même s'il est présent, il manque pourtant cruellement au récit. Ça me manque de ne plus être dans sa tête. Le climat du premier opus me manque ! En gros, je trouve que l'histoire conté du point de vue de Lily dérègle un peu la crédibilité de l'histoire. Le changement radical de comportement de Jason Hancock est assez perturbant et on l'assimilerai plus j'en suis certain, si on le vivait de l'intérieur. La, j'ai trouvé ça assez capillotracté jusqu'à ce qu'on ait l'explication et encore...

Sinon le rythme du récit n'est pas vraiment ce à quoi je m'attendais, même s'il se claque un peu sur celui du premier tome (j'entends intrigue, péripéties, actions, etc..). J'ai aimé retrouvé Maris, Pavati, Jack Petit, même si ce dernier m'a tapé sur le système tout le long avec ses obsessions frôlant la psychose sévère. Et surtout Sophie, le jeune sœur Hancock qui n'a cesser de me surprendre avec plaisir. Outre le désagrément Lily, nous en découvrons un peu plus sur l'univers et la mythologie des sirènes. Une série de meurtres repêchés dans le lac sème la panique et le doute dans la ville et c'est ce qui justifie que l'histoire soit racontée du point de vue de Lily. Ce qui ne l’empêche pas de nous faire part de ses problèmes existentiels fichtrement nombrilistes. L'originalité du premier tome à été balayé par le schéma habituel de la jeune fille amoureuse de la créature surnaturelle. Fort heureusement, nous ne tombons pas pour autant dans la guimauve propre à ce genre en général. La romance est clairement mise de côté au profit de l'intrigue principale

Cependant, malgré toutes mes jérémiades anti-Lily, j'aime à penser que l'auteur nous réserve de belles surprises et qui sait, une évolution surprenante concernant son personnage féminin principal. Surtout avec une fin pareille, il ne saurait en être autrement !! J'attends le tome 3 avec impatience en espérant faire un nouveau tour dans les pensées de Calder. Ayant vu le premier chapitre du troisième tome ( en vo ), j'ai constaté qu'il y avait encore du Lily au menu. Mais j'ai foi en Anne Greenwood Bown, j'y crois, j'y crois !!!



«
Tu es ma soeur. Mon sang, ma famille. Mon rôle est de te protéger...
Il partit d'un rire amer.
... de te protéger des garçons qui ont de vilaines pensées sur ton compte. Or, j'ai exactement les mêmes.
Mais tu m'as dit que, dorénavant, tout ce qui t'intéressait, c'était d'être mon frère.
J'ai menti.
»

«
Où étais-tu passé ?
Quoi ? fit Jace, indigné.
Alec le secoua sans ménagement.
Tu étais censé aller faire un tour ! Qu'est-ce que tu as fabriqué pendant 6 heures ?
C'était une longue promenade.
Je vais te tuer, marmonna Alec en lâchant la veste de Jace. J'y songe sérieusement.
Se serait contre-productif, non ? »

«
S'il me prend l'envie de partir en flammes, je te le ferai savoir.
Simon n'avait jamais eu beaucoup de patience avec Jace.
Si tu m'as demandé de traverser toute la ville dans le simple but de m'examiner sous toutes les coutures, la prochaine fois, je t'enverrai une photo.
Et je l'encadrerai pour la mettre sur ma table de nuit.
[...]
[...] Bien que je répugne à l'admettre, vampire, nous avons un point commun
Une coiffure sensationnelle ? [...]
[...]
— Clary. Tu sais. Petite, rousse, toujours mal lunée »


Intérêts: Tout, les échanges tendus entre Jace et Clary, les répliques hilarantes qui détendent l'atmosphère, le dénouement final, les révélations sur le passé des personnages, la personnalité de Sébastien, le fin mot de l'histoire sur les accords avec les créatures obscures et j'en passe...
Regret: Peu de choses, que ce soit la fin de la trilogie centré sur Clary peut-être ?...

Attirance tome 1: Le baiser des Sirènes de Anne Greenwood Brown








"De tout l’hiver, je n’avais tué personne. Et je dois dire que je ne m’en portais pas plus mal. L’envie était là, bien sûr, mais trop de noyades suspectes multipliaient les ragots".







Auteur : Anne Greenwood Brown
Éditeur : Milan Eds
Collection : Macadam
Synopsis : Calder White vit dans les eaux froides du lac Supérieur. Il est le seul mâle d'une fratrie de sirènes. Pour survivre, les sirènes n'ont d'autre choix que de se nourrir d'énergie vitale humaine, donc de tuer. Mais Calder est convaincu qu'une autre manière de survivre est possible. Il veut arrêter de tuer et se ""sevrer"". Or, cet été, ses soeurs projettent de tuer Jason Hancock,? L'homme jugé responsable de la mort de leur mère. Pour attirer Hancock près du lac, on confie à Calder la tâche de se rapprocher de ses filles.
Ma note : 10/10




ᚠ 
MON AVIS

Après avoir lu une critique enjouée de LiliBouquine, j'ai voulu me laissé tenté par ce livre. Car il faut bien l'avouer, j'ai lut quantité de livres sur des créatures fantastiques (Vampires, loups-loups, sorciers, nephilim et compagnie) et j'avais peur, depuis la petite sirène, je n'avais encore jamais eu affaire à une histoire de Triton. Un des points fort de ce roman à mon sens : le narrateur, Calder, un jeune triton qui, s'il est loin d'être naïf, est assez peu commun avec l'univers des humains. Nous sommes complètement convaincu par ce personnage dans sa manière d'appréhender ce qui l'entoure, ce qu'il vit et ressent.

Si certaines personnes ont trouvé l'introduction du roman assez longue, je l'ai trouvé fascinante pour ma part, je n'ai rien contre les longues descriptions et les introspections poussées tant qu'elles sont pertinentes pour la suite. Et c'est pour dire que j'ai rarement rencontrer de personnages aussi intéressant que ce Calder. On est bien souvent fatigué de lire les mêmes choses sur les créatures fantastiques. Entre le vampire qui à mal à la vie dans sa trop longue existence, le loup-garou solitaire et les jeunes filles naïves et fades qui tombent sous le charme de la créature sous couvert de réflexions égocentriques et infantiles, bref il est souvent rare de trouver des scénarios et des héros qui sortent du lot. En fait, j'ai trouvé Calder en accord parfait avec la nature et sa condition de Triton mais c'est son détachement des notions humaines qui m'a vraiment plut, son naturel coulait de source si je puis dire. Aussi fluide que l'écriture de l'auteur.

Comme toute adaptation d'un univers fantastique, il y a un approfondissement personnel de l'écrivain. Anne Greenwood Brown décrit sa mythologie des sirènes. Des créatures aux conditions de vie et au régime alimentaire assez particulier, ce qui en fait des êtres plutôt malveillants et calculateurs, voir cruels. L'histoire se centre sur la vengeance, Calder et ses sœurs obéissent à une vieille rancœur de plus de quarante ans qui les conduisent jusqu'à la famille Hancock. C'est là qu'il rencontre Sophie et Lily, les filles de Jason Hancock. Si la romance fait partie intégrante du tableau, elle est bien loin en arrière plan, suggérée juste ce qu'il faut et non pas pivot essentiel de la trame. Une première pour un roman Young-Adult qui lâche habituellement des caisses de guimauves à ne plus savoir qu'en faire.
D'un certain côté le point de vue qu'apporte Calder, donne une dimension plus adulte à cette histoire, ses doutes et sa remise en question nous permettent de vraiment nous attacher à lui. Et j'ai beaucoup aimé l'héroïne dans sa manière de la regarder.

L'intrigue principale reste surprenante et le suspens est là, j'ai vraiment plongé à corps perdu dans ce roman, c'est le cas de le dire. Je vous le recommande sans réserve, surtout si vous êtes allergique aux histoires communes de romance fantastique vue et revue. C'est rafraîchissant, palpitant, un vrai bijou.


EXTRAITS

« Je fonçai comme une fusée vers la surface, bondissant à plus de trois mètres hors de l'eau et atterrissant sur la roche en un saut plus spectaculaire que n'importe quelle pirouette de baleine dans un parc aquatique.

Maris nous regarda sans la moindre expression.

Le visage et les épaules nues de Lily étaient encore incrustés de grains de sable arrachés au grès de la roche. Je collai mes lèvres aux siennes et soufflai. Rien. Je soufflai une deuxième fois. Puis une troisième. Elle se cambra et suffoqua avant de recracher une fontaine d'eau. Ma queue argentée heurta violemment la pierre. Maris m'enjamba et jeta sa veste sur la tête de Lily. Inutile qu'elle voie le monstre se contorsionner près d'elle ».


« Fourrant mon portable dans ma poche, je me levai en esqui­vant de la tête le compartiment à bagages et fis signe au petit garçon de passer. Il traîna son sac à dos derrière lui, le cognant un peu partout. Le personnel de bord m'adressa des sourires éclatants à la sortie. J'aurais pu détourner la tête pour me pro­téger de leur éventuel pouvoir d'attraction mais ils n'irradiaient aucune couleur. Aucune émotion sincère ne se dégageait d'eux.
Sur la passerelle, un vent vif filtrait à travers les parois rétrac­tables. On aurait aussi bien pu être en janvier. Maudissant Maris, j'enfilai l'un après l'autre les couloirs de l'aéroport jusqu'au terminal Lindbergh. Inutile de m'arrêter au carrousel à bagages : tout ce que je possédais se trouvait soit sur moi, soit dans mon sac à dos. Pantalon, short, sandales miteuses, sweat, deux tee-shirts élimés, montre de plongée, portable et casquette de baseball. Mes sœurs étaient un peu mieux four­nies, mais pas tant que ça. On voyageait léger dans la famille.
Raidissant les bras, je me mis à danser d'un pied sur l'autre pour me réchauffer. Toutes les trente secondes, je regardais ma montre. J'ignorais dans quelle voiture elles allaient arriver mais quand j'aperçus une vieille Chevrolet Impala déboîter au milieu de la file de voitures à moitié arrêtées, je les reconnus aussitôt. Je me demandai avec consternation où elles avaient bien pu la dénicher. La voiture paraissait en assez bon état - bien meilleur que celui de la Dodge Omni de l'été dernier. Le propriétaire était sûrement hébété quelque part, victime des dons d'hypnose de mes sœurs. Il aurait conscience d'avoir perdu quelque chose, mais quoi, déjà ?
Tallulah et Pavati avaient baissé leur vitre et passé la tête par la fenêtre. Elles me souriaient à pleines dents. Les longs che­veux noirs de Pavati ondulaient en vagues désordonnées devant son visage ; les cheveux plus courts de Tallulah retombaient bien droits, formant un épais rideau blond doré. Secouant la tête pour marquer ma désapprobation face à leur mauvais goût en matière de propriété volée, je grimpai sur le siège arrière à côté de Tallulah. Elle me colla un solide baiser sur la joue ».


INTERETS : La personnalité de Calder, la mythologie des sirènes, la mise en place de l'intrigue et les révélations.
REGRETS : Trop court !